Achat d'énergie
Contrat d’électricité professionnel : comment comparer deux offres sans se tromper ?
Deux devis, deux prix du MWh, mais pas forcément le même engagement. Pour choisir votre contrat d’électricité professionnel, il faut comparer un budget calculé sur votre consommation, comprendre ce qui pourra évoluer et vérifier les conditions de sortie. Voici une méthode à appliquer à vos offres.
LIKO Energy — Publié le
Une offre peut paraître intéressante grâce à ses heures creuses, alors que votre entreprise consomme surtout en journée. Une autre peut annoncer un prix fixe sans figer toutes les composantes de la facture. Le bon point de départ est donc cette question : combien chaque proposition coûterait-elle à mon entreprise, avec les mêmes hypothèses ?
1. Mettez les deux offres sur la même base
Préparez un dossier commun : sites concernés, puissance souscrite, consommations des douze derniers mois et répartition par période tarifaire. Ajoutez les changements déjà prévus : extension d’un atelier, fermeture d’un magasin, nouveaux horaires. Votre historique est un point de départ ; il ne décrit pas automatiquement l’année à venir.
Vérifiez ensuite le périmètre du prix : fourniture seule ou acheminement inclus ? Abonnement et frais fixes compris ou séparés ? Montants hors toutes taxes, hors TVA ou TTC ? Mélanger ces bases fausse la comparaison. Le Médiateur national de l’énergie souligne notamment que certaines offres n’intègrent pas le TURPE, le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Source : énergie-info PRO.
Pour consulter les fournisseurs, demandez les mêmes dates de livraison et durées d’engagement. Faites actualiser les propositions au même moment et vérifiez leur date limite de validité. La checklist du Médiateur des entreprises recommande cette comparaison à conditions communes. Source : checklist énergie, avril 2026.
2. Calculez le coût sur votre consommation, pas sur le tarif le plus visible
Prenons une entreprise qui consomme 100 MWh par an : 75 en heures pleines et 25 en heures creuses. Pour mémoire, 1 MWh représente 1 000 kWh.
Les prix ci-dessous sont fictifs : ils illustrent un calcul, pas les conditions actuelles du marché. Les deux offres couvrent la même année. Le tableau compare uniquement l’énergie et les frais commerciaux fixes, hors toutes taxes. L’acheminement et les autres composantes sont supposés identiques et exclus des deux colonnes.
- Prix en heures pleines — offre A : 120 €/MWh ; offre B : 108 €/MWh.
- Prix en heures creuses — offre A : 60 €/MWh ; offre B : 80 €/MWh.
- Coût des 75 MWh en heures pleines — offre A : 9 000 € ; offre B : 8 100 €.
- Coût des 25 MWh en heures creuses — offre A : 1 500 € ; offre B : 2 000 €.
- Frais commerciaux fixes annuels — offre A : 600 € ; offre B : 800 €.
- Total annuel sur ce périmètre — offre A : 11 100 € ; offre B : 10 900 €.
L’offre A a les heures creuses les moins chères et les frais fixes les plus bas. Pourtant, l’offre B coûte 200 € de moins par an pour ce profil, parce que les heures pleines représentent les trois quarts de la consommation.
Avec une répartition de 50 MWh en heures pleines et 50 MWh en heures creuses, le résultat s’inverse : 9 600 € pour A, contre 10 200 € pour B. Le volume annuel n’a pas changé. Seuls les horaires de consommation ont changé.
Le calcul à reproduire est simple : multipliez le volume de chaque période par son prix, additionnez les résultats, puis ajoutez les frais fixes du même périmètre. Ne faites pas la moyenne simple des tarifs heures pleines et heures creuses. Si votre offre comporte davantage de périodes, ajoutez une ligne par période. Pour reconstituer le budget complet, ajoutez ensuite les composantes exclues, sans compter deux fois celles déjà intégrées.
3. Prix fixe, indexé ou achat au clic : comparez aussi l’incertitude
Un prix fixe mérite une question précise : quelles lignes du contrat sont réellement fixes, et jusqu’à quelle date ? La CRE distingue les offres à prix fixe tout compris, sous réserve des évolutions fiscales, de celles dont certaines composantes réglementaires peuvent varier. Sa fiche a été mise à jour le 22 juillet 2026. Cette distinction aide à lire une proposition ; elle ne remplace pas ses conditions contractuelles. Source : catégories d’offres de la CRE.
Pour une offre indexée, identifiez la référence utilisée, la formule, la fréquence de révision et les lignes concernées. Une référence de marché n’est pas interchangeable avec un tarif de référence public. Source : CRE.
Dans un contrat d’achat au clic, le client choisit les moments où il fixe le prix de tout ou partie des volumes selon les modalités convenues. Source : checklist énergie, rubrique « Comment évaluer les offres ».
Pour décider, posez-vous trois questions : quelle variation de budget puis-je absorber ? Qui suivra le contrat ? Qui pourra décider d’un achat, et dans quel délai ? Un mécanisme plus flexible n’a d’intérêt que si votre organisation peut le piloter.
Un budget indexé calculé avec les cours d’aujourd’hui reste une simulation. Il ne faut pas le présenter comme un montant garanti sur l’année. Demandez aussi un scénario de hausse : par exemple, dans notre cas fictif de 100 MWh, une augmentation uniforme de 20 €/MWh sur toute la part énergie ajouterait 2 000 € au budget annuel, si la formule répercutait intégralement cette hausse. C’est un test de sensibilité, pas une prévision.
4. Testez le contrat avec les événements possibles de votre entreprise
Une grille de prix ne suffit pas. Le Médiateur national de l’énergie invite également à examiner la durée, le préavis, les frais de résiliation anticipée, le service client et les modalités de paiement. Source : énergie-info PRO.
Transformez ces sujets en questions concrètes à adresser au fournisseur :
- Vous réalisez des travaux qui réduisent la consommation : le contrat prévoit-il un engagement de volume, une tolérance ou un ajustement de prix ? Demandez un calcul avec votre nouvelle estimation.
- Vous fermez ou cédez un site : quelles conditions s’appliquent à ce point de livraison ? Faites préciser l’éventuel coût de sortie.
- Vous ajoutez un établissement : peut-il rejoindre le contrat, à quelle date et à quel prix ?
- Vous gérez plusieurs sites : pouvez-vous obtenir les factures et les consommations par établissement, dans un format exploitable ?
Ces questions ne signifient pas que tous les contrats comportent des pénalités. Elles servent à obtenir une réponse écrite sur les événements qui vous concernent. Un écart de quelques centaines d’euros à la signature doit être mis en regard de ces réponses.
5. Choisissez une offre dont vous pouvez expliquer le coût et les limites
Avant de signer, vous devriez pouvoir compléter cette phrase :
« Avec notre consommation prévue, cette offre représente ___ € sur le périmètre ___ ; les éléments ___ peuvent évoluer ; si notre activité change, les conditions ___ s’appliquent. »
Si une case reste vide, demandez la précision avant de choisir. Vérifiez aussi que la date de début du nouveau contrat s’articule avec les obligations de sortie du contrat actuel : l’offre la moins chère ne justifie pas un double engagement. La checklist officielle rappelle ce point et recommande de clarifier la rémunération d’un courtier lorsqu’il intervient. Source : Médiateur des entreprises.
Conservez enfin les hypothèses de votre comparaison avec les offres reçues. Vous disposerez d’une base utile pour expliquer votre choix en interne, puis vérifier les premières factures.
Vous avez deux offres, mais un point reste difficile à comparer ?
Préparez vos devis, votre contrat actuel et votre historique de consommation. LIKO Energy vous accompagne dans la comparaison des conditions et la définition de votre stratégie d’achat d’énergie. L’objectif : comprendre ce que vous payez, ce que vous sécurisez et les risques que vous acceptez avant de vous engager.
Sources
- La checklist énergie — 10 questions à se poser sur son contrat et sa facture — Médiateur des entreprises, 2026-04-27
- Découvrir les catégories des offres — mise à jour du 22 juillet 2026 — Commission de régulation de l’énergie, 2026-07-22