Suivi énergétique

Électricité la nuit et le week-end : comment repérer les consommations inutiles ?

Pour savoir si votre entreprise consomme inutilement pendant sa fermeture, comparez ses relevés électriques aux horaires réels du site, identifiez les équipements qui doivent rester actifs, puis mesurez l’effet d’un réglage ciblé. Une consommation nocturne élevée est un signal à examiner ; elle ne suffit pas à prouver un gaspillage. Voici une méthode applicable avec un export de données et un tableur.

LIKO Energy — Publié le

1. Récupérez des relevés assez précis pour voir les heures de fermeture

Une facture mensuelle indique un volume, mais ne permet pas d’attribuer ce volume à la nuit ou au week-end. Il vous faut une courbe de charge : une succession de mesures au fil du temps.

Pour un site desservi par Enedis, le compte client Entreprise permet notamment de consulter les courbes de charge et l’historique des consommations. Les données disponibles dépendent du compteur et de leur disponibilité effective. Consultez vos exports avant de commencer : un total journalier ne permet pas d’isoler les heures d’une soirée. Sources : accès aux données Entreprise et données de comptage disponibles, pages Enedis non datées, consultées le 5 octobre 2026.

Notre conseil : commencez par quatre semaines représentatives, avec plusieurs fermetures complètes. Cette durée est un point de départ pratique, pas une norme. Pour une activité saisonnière, complétez ensuite avec des périodes comparables d’hiver et d’été. Si les données fines manquent, vérifiez leur collecte auprès du gestionnaire de réseau ; n’inventez pas une répartition horaire à partir de la facture.

2. Définissez les périodes réellement sans activité

Ajoutez au relevé un calendrier : ouverture, ménage, livraisons, maintenance, travail exceptionnel, vacances. Un bâtiment fermé au public peut encore être utilisé par une équipe. Les heures creuses de votre contrat ne décrivent pas ces horaires d’occupation.

Dans le tableur, conservez au minimum : date et heure, durée de l’intervalle, valeur, unité, statut ouvert ou fermé, commentaire d’exploitation. Vérifiez le fuseau horaire, les doublons et les trous dans les données. Une mesure absente ne vaut pas zéro. Si un intervalle chevauche la fermeture, choisissez une borne cohérente avec le pas de mesure et signalez cette approximation.

Séparez les nuits ordinaires, les week-ends fermés et les fermetures exceptionnelles. Vous éviterez de comparer un samedi travaillé à un dimanche vide, ou une nuit très froide à une nuit douce lorsque le chauffage est électrique.

3. Mesurez le talon, puis cherchez ce qui l’explique

Le talon de consommation désigne les consommations qui subsistent lorsque le bâtiment est inoccupé. Le Cerema recommande de les examiner pour repérer les équipements restant allumés après le départ des occupants. Cela ne signifie pas que tous ces équipements peuvent être arrêtés. Source : Cerema, 20 novembre 2023.

Distinguez deux unités : le kilowatt, kW, mesure une puissance ; le kilowattheure, kWh, mesure une énergie consommée pendant une durée. Une courbe de puissance peut présenter des valeurs moyennes par intervalle, comme le décrit Enedis dans sa documentation de comptage. Source : Enedis, section 3.2.1.2, page PDF 14.

Si votre export contient des puissances moyennes en kW, multipliez chaque valeur par la durée correspondante en heures, puis additionnez. Avec un pas de 30 minutes, multipliez donc par 0,5. S’il contient déjà des énergies en kWh par intervalle, additionnez-les directement. Pour des index cumulés, calculez la différence entre début et fin : additionner les index serait une erreur.

Divisez ensuite l’énergie des périodes fermées par leur durée totale pour obtenir une puissance moyenne pendant la fermeture. Cet indicateur sert à comparer vos périodes ; il ne désigne ni une pointe instantanée ni le minimum observé. Regardez aussi la forme de la courbe : un plateau continu et un redémarrage ponctuel appellent des investigations différentes.

4. Un exemple fictif : 62 heures de fermeture

Un bureau ferme du vendredi à 18 h au lundi à 8 h, soit 62 heures, sur un week-end sans changement d’heure. Sa puissance moyenne pendant cette fermeture est de 5 kW.

Tous ces chiffres sont inventés pour expliquer le calcul. Les 310 kWh initiaux ne sont pas présentés comme entièrement évitables. Le résultat suppose aussi que la baisse ne soit pas compensée par une consommation supplémentaire à la réouverture : vérifiez le début de journée suivant. Une comparaison isolée ne prouve pas à elle seule l’effet du réglage.

N’extrapolez pas automatiquement cet écart à 52 week-ends. Chauffage, congés et activité peuvent modifier le résultat. Pour une estimation financière, utilisez ensuite les prix applicables aux périodes concernées et précisez le périmètre ; une baisse de kWh ne réduit pas toutes les lignes fixes de la facture.

5. Reliez les anomalies aux équipements, un réglage à la fois

Faites une visite après fermeture avec la personne qui connaît le site. Pour chaque équipement actif, notez sa fonction, son horaire prévu, son horaire constaté et la personne habilitée à modifier son fonctionnement.

L’ADEME conseille notamment d’adapter la programmation du chauffage à l’utilisation des locaux et de limiter les consommations inutiles des équipements bureautiques. Ce sont des pistes à vérifier sur votre installation, sans reprendre un pourcentage d’économie générique. Source : fiche « Entreprises de services », ADEME, non datée, consultée le 5 octobre 2026.

Classez les usages en trois groupes :

Ne coupez pas un circuit technique pour « voir ce qui baisse ». Ventilation, conservation des produits, sécurité et maintien des équipements imposent des contraintes à faire valider. Testez une modification identifiée, notez sa date, puis observez plusieurs périodes comparables et le confort à la reprise.

6. Transformez le diagnostic en suivi régulier

Votre tableau de suivi peut tenir sur une ligne par site : période fermée, kWh consommés, puissance moyenne, événement inhabituel, action, responsable, date de contrôle. Pour comparer plusieurs établissements, commencez par des usages et horaires similaires ; un bureau et un commerce alimentaire n’ont pas les mêmes besoins permanents.

Vous pouvez conclure le premier diagnostic lorsque vous savez répondre à trois questions : combien le site consomme-t-il fermé, quels usages l’expliquent, et quel effet a eu l’action testée ? Si une réponse manque, consignez ce qu’il faut mesurer plutôt que d’annoncer une économie.

Vous avez les données, mais leur suivi reste difficile ?

Un EMS, ou système de management de l’énergie, peut aider à organiser le suivi de plusieurs sites et à repérer les dérives. Pour étudier le logiciel de suivi énergétique de LIKO Energy, préparez la liste de vos sites et compteurs, un export de consommation, les horaires d’activité et les éventuels sous-compteurs. Ces éléments permettront de préciser les données disponibles, les raccordements possibles et les indicateurs utiles à votre organisation.

Sources

  1. La sobriété énergétique dans le parc tertiaire - retour sur la conférence territoriale bretonne — Cerema, 2023-11-20

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