Crise énergétique

Crise énergétique : comment sécuriser ses prix avant l’hiver 2026–2027 ?

Si vos achats d’électricité ou de gaz pour cet hiver restent exposés au marché, faites chiffrer une couverture dès maintenant. Fixer tout ou partie du prix peut protéger votre budget contre un nouveau choc. Cela ne garantit pas le prix le plus bas : la décision dépend des offres disponibles, des volumes à couvrir et de la hausse que votre entreprise pourrait absorber.

LIKO Energy — Publié le

Dossier établi le 13 octobre 2026, pour les entreprises en France métropolitaine. Le conflit étudié ici est celui du Moyen-Orient commencé le 28 février 2026, date retenue par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les données électriques couvrent les livraisons jusqu’au 12 octobre inclus ; les références gazières sont celles disponibles à la date de recherche. [1]

Depuis le début de la guerre, quels prix ont réellement augmenté ?

Deux indicateurs permettent de lire la situation française. Ils portent sur des produits différents et ne doivent pas être comparés comme deux tarifs de fourniture. Le mégawattheure (MWh) mesure une quantité d’énergie : 1 MWh correspond à 1 000 kWh.

Électricité : le prix spot « day-ahead » est fixé la veille pour les livraisons du lendemain. Selon les données françaises Bundesnetzagentur | SMARD.de, distribuées par Energy-Charts, la moyenne est de 21,13 €/MWh du 21 au 27 février, avant le conflit, contre 135,34 €/MWh du 6 au 12 octobre. Ce sont deux semaines complètes, calculées par LIKO à partir des prix de chaque quart d’heure, sans pondération par la consommation d’un client. Extraction du 13 octobre 2026.

Prix spot français du 21 février au 12 octobre 2026 : moyennes journalières et sur sept jours, avec des baisses au printemps puis des niveaux plus élevés à l’automne. Les moyennes des deux semaines repères sont 21,13 et 135,34 €/MWh.
France, prix de gros day-ahead, €/MWh. Moyennes pondérées par la durée, jours en heure de Paris. La courbe ne mesure pas le seul effet du conflit. — Crédit : Calculs et graphique LIKO Energy ; données Bundesnetzagentur | SMARD.de via Energy-Charts.info, CC BY 4.0. Extraction du 13 octobre 2026.

Le parcours n’est pas une hausse continue : certaines journées présentent encore une moyenne négative au printemps. Le calendrier, la météo et la production disponible comptent aussi. Une semaine d’octobre plus chère qu’une semaine de février ne prouve donc pas que toute la différence provient de la guerre. Ce prix de gros n’est pas le prix complet de votre facture.

Gaz : la référence française de coût d’approvisionnement publiée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) passe de 27,31 €/MWh pour février à 61,22 €/MWh pour octobre 2026, soit +124,2 %. Elle combine des cotations passées de contrats à terme PEG mensuels (80 %) et trimestriels (20 %). Le PEG est le Point d’échange de gaz français. Ce repère décalé dans le temps n’est ni un cours spot du jour, ni une facture. [4][6]

Référence CRE liée aux marchés à terme PEG : février 27,31 ; mars 31,68 ; avril 29,84 ; mai 47,48 ; juin 41,15 ; juillet 46,74 ; août 44,77 ; septembre 52,30 ; octobre 61,22 euros par MWh. Ce ne sont pas des prix spot.
Mois de livraison 2026. Référence de coût d’approvisionnement CRE, fondée sur les marchés à terme PEG ; hors acheminement, services et taxes. [4] — Crédit : Graphique original LIKO Energy, valeurs publiées par la CRE, tableau mis à jour le 12 octobre 2026 et consulté le 13 octobre.

Le même tableau affiche déjà 71,12 €/MWh pour les livraisons de novembre. Cette référence calculée à partir de cotations passées ne prédit pas le futur spot de novembre. [4]

Pour le spot gaz européen, l’agence européenne de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) décrit un TTF day-ahead dépassant 50 €/MWh au début du conflit, puis 60 €/MWh après les attaques d’infrastructures, avant un reflux à la mi-avril. Le TTF, point d’échange néerlandais, sert de repère européen ; il ne doit pas être présenté comme le spot français PEG. Ces observations historiques n’indiquent pas le cours du jour. [3]

Pourquoi une crise du gaz peut-elle renchérir l’électricité française ?

Le gaz naturel liquéfié (GNL) voyage par bateau. Selon le bilan de l’AIE publié le 7 juillet, près d’un cinquième de l’offre mondiale de GNL transitait par Ormuz avant les perturbations. Quand ces cargaisons manquent, les acheteurs européens et asiatiques se disputent d’autres approvisionnements. Une partie de l’effet atteint donc l’Europe même sans achat direct au Qatar. [2]

Pour l’électricité, RTE explique le rôle de la dernière centrale appelée pour satisfaire la demande. Lorsqu’il s’agit d’une centrale à gaz, un combustible plus cher peut relever le prix électrique. Mais le nucléaire, l’hydraulique, l’éolien, le solaire, la demande et les échanges avec les pays voisins modifient ce résultat. L’électricité française ne suit pas mécaniquement le gaz à chaque instant. Source RTE non datée, consultée le 13 octobre 2026.

Hiver froid, nouvel incident : quels risques restent devant nous ?

Notre article « Gaz, barrages et chauffage : la semaine de l’énergie du 7 octobre 2026 » évoquait une reprise partielle des passages à Ormuz. Depuis, l’enquête Reuters du 12 octobre apporte de nouvelles estimations sur la fragilité des stocks européens et sur les risques pour l’hiver. Les experts interrogés décrivent un faible coussin de sécurité et une exposition à de nouvelles interruptions. Ce sont des analyses et des scénarios, pas une hausse certaine annoncée par LIKO. [5]

[2][5]

La décision utile consiste à mesurer ce qu’un scénario défavorable coûterait à votre entreprise. Chercher le point bas parfait laisse, pendant l’attente, le budget exposé à une hausse. Fixer le prix réduit cette exposition, tout en limitant le bénéfice d’une baisse ultérieure.

Quelle action prendre selon votre contrat ?

Fixer dès maintenant est particulièrement pertinent si une nouvelle hausse mettrait votre marge ou votre trésorerie en difficulté et si l’offre disponible respecte votre budget. Vous pouvez examiner une fixation totale, une part fixe et une part indexée, ou des achats successifs. Aucun pourcentage ne convient à toutes les entreprises ; la possibilité et le coût de ces options dépendent du fournisseur et du contrat.

Comparez aussi les tolérances de consommation, les frais de sortie et les composantes révisables. Un prix de l’énergie fixe ne fige pas nécessairement l’acheminement, les taxes ou toute la facture. Notre guide « Contrat d’électricité professionnel : comment comparer deux offres sans se tromper ? » détaille ces vérifications.

Un calcul simple pour rendre le risque concret

Exemple entièrement fictif, sans prévision de marché : une entreprise doit encore acheter 1 000 MWh pour la période étudiée. Une hausse supposée de 30 €/MWh ajouterait 30 000 € à sa dépense d’énergie, à volumes identiques. Si 60 % de ces volumes étaient déjà fixés, les 400 MWh restants représenteraient 12 000 € de sensibilité à cette même hausse.

Ce calcul isole le risque de prix sur les volumes non couverts. Il n’intègre ni le prix payé pour fixer les 60 %, ni les frais, les variations de consommation, l’acheminement ou les taxes. Ce n’est donc pas une économie garantie. Refaites le calcul avec vos volumes et plusieurs variations, à la hausse comme à la baisse.

Sécuriser un budget commence par connaître son exposition

Préparez vos contrats et leurs échéances, les achats déjà fixés, douze mois de consommations, les volumes prévus et les offres reçues. Pour un portefeuille de sites, ventilez ces éléments par énergie et par période. Vous pourrez alors décider ce qui doit être couvert et ce qui peut rester variable.

LIKO Energy peut vous aider à comparer les offres disponibles et à définir une stratégie d’achat d’électricité et de gaz cohérente avec ce niveau de risque. Si vos volumes d’hiver restent exposés, faites examiner ces éléments dès maintenant pour choisir une couverture et ses conditions.

Sources

  1. IEA Member countries to carry out largest ever oil stock release amid market disruptions from Middle East conflict — Agence internationale de l’énergie, 2026-03-11
  2. Gas Market Report, Q3-2026 — Executive summary — Agence internationale de l’énergie, 2026-07-07
  3. Key developments in European gas wholesale markets (winter 2025-2026) — ACER — rapport du 23 avril 2026, 2026-04-23
  4. Référence de coûts d’approvisionnement du gaz — Commission de régulation de l’énergie — date de mise à jour, 2026-10-12
  5. Europe set for another year of high gas prices as reserves hit lows — Reuters, Nora Buli — repris par AOL, 2026-10-12
  6. Présentation — marché de gros du gaz naturel — Commission de régulation de l’énergie — date de mise à jour, 2026-09-01

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